28 juin 1839

« 28 juin 1839 » [source : BnF, Mss, NAF 16339, f. 47-48], transcr. Madeleine Liszewski, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.8985, page consultée le 05 mai 2026.

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Bonjour, mon petit bien-aimé, comment vas-tu mon amour ? Je t’aime, moi, voilà ma santé. J’ai une idée fixe, c’est notre voyage. Si le malheur voulait qu’il ne pût pas se faire, je crois qu’il faudrait me mettre en pension chez monsieur Triger. En attendant, je ne peux pas détacher ma pensée de notre sac de nuit et mon âme de votre âme. Il va pleuvoir atrocement, ce qui ne m’empêche pas de désirer être sur la grande route avec vous, même sans PARASOL. J’ai vu monsieur [Frêné ?] aujourd’hui. Il voulait voir s’il n’y avait plus rien à faire à sa maison et si je ne demandais rien avant le départ définitif du maçon. C’est bien TRIMINEL ? Pourquoi n’êtes-vous pas là, ça ne me regarde pas d’abord et je me laisserai SÉDUIRE. Baisez-moi, vieux vilain et soyez très i. Je vous le permets, je n’entends pas parler du doreur ni de Jourdain encore une fois. Pour un rien j’enverrais tout au diable car rien ne m’ennuie plus qu’une chose qui n’en finita pas. Excepté l’amour, j’aime tout ce qui finitb vite. Je vous aime, Toto.

Juliette


Notes manuscriptologiques

a « fini ».

b « fini ».


« 28 juin 1839 » [source : BnF, Mss, NAF 16339, f. 49-50], transcr. Madeleine Liszewski, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.8985, page consultée le 05 mai 2026.

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Si tu pouvais voir le fond de mon cœur dans ce moment-ci, mon amour, tu y trouverais l’amour le plus pur et le plus profond qui ait jamais existé. Si tu pouvais voir dans ma pensée, tu y lirais l’admiration et le respect de ta chère petite personne au plus haut degré. Enfin, mon cher bien-aimé, si tu étais en moi, tu n’aurais pas assez d’amour pour payer le mien et tu aurais la plus grande confiance dans ma fidélité. Je t’ai demandé, mon amour, à aller avec toi voir Hernani ce soir parce qu’après le bonheur d’entendre ta voix et de respirer ton souffleb, il n’en est pas de plus grand pour moi que de respirer ta belle poésie. Mais pour peu que cela t’inquiète une seconde, je me résigne, je ne veux jamais d’un plaisir qui te coûteraitc un chagrin ou même une légère inquiétude. J’ai vu M. Desmousseaux, il était chez Mme Pierceau lorsque je suis arrivée. Il a été indigné du procédé de Beauvallet et pense comme nous que ce n’est qu’une [lâche mauvaise ?] volonté qui le tient. Quelle turpitude ! Et qu’il est bon de s’aimer comme nous le faisons, car tu m’aimes aussi, n’est-ce pas ?

Juliette


Notes manuscriptologiques

a « samedi ». Corrigé d’une autre main.

b « soufle ».

c « coûterais ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle renonce définitivement à son métier et Hugo s’engage, par un mariage symbolique, à l’entretenir et ne jamais l’abandonner.

  • 1er févrierLouise Beaudoin, malade, ne peut jouer dans Ruy Blas. Juliette Drouet refuse de reprendre son rôle.
  • ÉtéLéopoldine s’éprend de Charles Vacquerie.
  • 31 août-26 octobreVoyage en Alsace, Rhénanie, Suisse et Provence.
  • Nuit du 17 au 18 novembre« Mariage » symbolique de Juliette Drouet et Victor Hugo, par lequel elle renonce à sa carrière d’actrice et reçoit l’assurance qu’il ne l’abandonnera jamais, et s’occupera de Claire.